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LIBERATION
[Presse]  
LIBERATION
 

22/12/2009 à 00h00

«Mariages gris» made in Besson

 

Qui se cache derrière l’Anvi et son combat contre les «mariages gris» ?

L’Association nationale des victimes de l’insécurité, basée à Vauvert (Gard), a surgi sur la scène médiatique à la faveur d’une rencontre avec Eric Besson au ministère de l’Immigration.

 

Le 18 novembre, face à 90 personnes se disant victimes de mariages frauduleux, soutenues par la présidente de l’Anvi, Blandine Jullian, et la très active bénévole Laure Ladeuix, le ministre se frotte les mains. Il n’a pas oublié les journalistes pour relayer ces témoignages poignants. Des hommes et des femmes qui ont cru à des noces d’amour et ont été brusquement abandonnés par leur conjoint étranger après que ce dernier a obtenu un titre de séjour.

Depuis, ils se battent pour obtenir l’annulation de leur union. Besoin d’effacer la honte de s’être fait duper et d’avoir perdu, pour certains, leur emploi, leurs économies et leur tranquillité d’esprit. Leurs histoires sont émouvantes. Et à l’ère Sarkozy, l’émotion est un moteur à fabriquer des lois. Pour un gouvernement qui durcit depuis plusieurs années sa législation contre l’immigration, l’aubaine était trop belle. D’autant plus que la majorité des victimes sont des enfants d’immigrés des deuxième et troisième générations.

«Revenez». Alors, quand Blandine Jullian a appelé le ministère un matin de septembre 2009 pour solliciter un rendez-vous, la réponse est tombée très vite. Le 9 octobre, la présidente de l’Anvi était reçue avec trois victimes par Franck Supplisson, directeur adjoint du cabinet d’Eric Besson. L’homme a du flair. «Quand on lui a exposé notre cas, il a demandé à Mme Jullian si elle arriverait à réunir une centaine de victimes», relate Thouraya, l’une des trois jeunes femmes venues témoigner. «A la fin, il m’a dit : "Revenez avec 100 à 150 personnes car sinon, on ne vous prendra pas au sérieux"», confirme Blandine Jullian, ravie.

«Humanitaire». Sans attendre, elle fait circuler l’information sur les forums internet dédiés aux «mariages gris». Et c’est ainsi qu’en novembre, l’Anvi réunit 90 personnes à Paris, cette fois devant les caméras.Récupération politique ? Blandine Jullian s’en «moque». «On n’allait pas refuser de faire entendre ces victimes !» Même réponse de Laure Ladeuix qui «ne voit pas le problème» et dit être dans une «position humanitaire».

Ces deux retraitées ont en commun un discours paradoxal. D’un côté, elles assurent ne s’intéresser qu’aux «victimes», en dehors de toute politique. D’un autre côté, elles comptent participer au groupe de travail sur les «mariages gris», créé par Besson le 18 novembre pour restreindre encore davantage les lois sur l’immigration. Un paradoxe qu’on retrouve dans leur personnalité. A 61 ans, Blandine Jullian est une protestante animée par «l’amour de [son] prochain». Dans sa bouche résonnent les mots «vérité, cœur, droiture, intégrité, respect, sincérité, sens des responsabilités». Dans son local près des arènes de Vauvert, elle conseille les victimes de toutes formes de violence. Elle est fière de recevoir des subventions de la mairie de droite, et du conseil général de gauche.

«Politiquement, elle se cherche. Je pense qu’il y a un fond de naïveté avec beaucoup de générosité», dit d’elle Jean Denat, conseiller général PS du canton de Vauvert, qui a accordé à l’Anvi une aide de 1 500 euros en 2009. Mais son apolitisme et son bon cœur ne l’empêchent pas de relayer des valeurs conservatrices et sécuritaires.

«Nous avons tous le même but. Travailler, avoir un foyer, une famille», dit cette femme qui a tenu une mercerie pendant vingt ans. Son association, elle l’a créée en 1999, au moment des «émeutes de Vauvert». Des jeunes du village d’origine maghrébine avaient brisé voitures et vitrines après l’assassinat d’un de leurs camarades. «Les médias ont parlé de racisme de la part des commerçants. On excuse ceux qui cassent», s’indigne-t-elle. En 2001, elle avait soutenu les Gruarin, commerçants toulonnais emprisonnés pour avoir séquestré dans leur magasin un cambrioleur qu’ils avaient réussi à attraper. «Ils ont fait acte de civisme en arrêtant ces voleurs. Si maintenant les honnêtes gens ne peuvent plus…», lâche-t-elle.

En octobre, elle a participé à deux colloques organisés par des associations avec lesquelles elle a «des liens». L’une est l’Institut pour la justice, qui écrit sur son site : «Vous avez pris 10 ans de prison pour viol alors que vous aviez déjà agressé précédemment quelqu’un ? Ne vous inquiétez pas vous n’en ferez probablement que 5, grâce à votre aimable juge d’application des peines.» L’autre est l’Apacs, l’Association pour la protection contre les agressions et crimes sexuels, dont le président Jean-Pierre Escarfail, père d’une victime du tueur Guy Georges, a rencontré le président Sarkozy pour discuter de la loi sur la rétention de sûreté.

Annulation. Même clivage chez Laure Ladeuix, ancienne travailleuse sociale de 70 ans, qui dit avoir été longtemps encartée au PCF et à la CGT et se sent toujours «à gauche de la gauche». Depuis le Sud-Ouest où elle réside, cette Basque déterminée traite près de 150 dossiers de «mariages gris». Elle-même a obtenu l’annulation de son mariage avec un étranger qui l’avait flouée. D’où son engagement auprès de l’Anvi, découverte en 2007.

Choquée d’être accusée de se situer à l’extrême droite, elle s’exclame : «On a des affaires affreuses, et moi, citoyen, je ne bougerais pas ? Je m’en fous de la politique !» Mais la politique, elle, ne s’en fout pas.

Les dirigeants d'époque ne sont plus dans l'association d'aujourd'hui, mais ils ont eu le mérites de débroussailler le fléau qu'est le "Mariage Gris", quoi que l'on dise, quoi que l'on fasse, et tant pis pour ceux qui ne nous croient pas, nous ne leur souhaitons pas, ni pour eux, ni pour leur famille d'être touché, mais pourtant, c'est là que l'on voit que les autres qui sont touchés, ne racontent pas de bétises

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