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Lundi 11 Janvier 2010

COMPIEGNE Muriel, victime d'un mariage gris

Pendant cinq ans, Muriel Petitalot s'est battue pour faire annuler son mariage avec un Tunisien. Elle croyait qu'il l'aimait. Mais, à la réception de sa carte de résident, « il m'a laissée tomber. Il m'a utilisée dans le seul but d'avoir des papiers ». En mars 2002, au cours d'une soirée avec des amis, Muriel Petitalot, 44 ans, rencontre un Tunisien. « J'ai flashé sur lui et il m'a semblé que c'était réciproque. Je venais de vivre un long divorce, mes filles commençaient à être indépendantes et moins à la maison. J'avais envie, moi aussi, de rencontrer quelqu'un. On a passé toute la soirée à discuter. Ensuite, on s'est revus », raconte-t-elle. Le couple doit se séparer en juin. « Il m'a dit qu'il devait retourner en Tunisie pour régler des affaires », explique-t-elle. Jusque-là, la Compiégnoise ne s'était pas posé de questions sur la situation de son compagnon. « Mes amis le connaissaient bien, il travaillait. Savoir s'il avait des papiers ? J'étais amoureuse, ce n'est pas le genre de choses auxquelles on pense », souligne-t-elle.

« Il tenait à un mariage,via le consulat de France »

Avant de partir en Tunisie, son ami pose un genou à terre : « Il m'a dem andé en fiançailles et m'a proposé de le rejoindre. » Au mois d'août, pendant quinze jours, Muriel découvre le pays et la famille de son ami. « Il était toujours très amoureux et a commencé à me parler mariage, à m'inciter à aller à l'ambassade pour que je me renseigne sur les modalités. » À la fin de l'été, Muriel repart seule en France, « il avait encore des affaires à régler. Je ne savais pas qu'il ne pouvait plus rentrer... ».Dans son entourage, personne ne s'étonne de ce mariage. « On nous disait que l'on formait un joli couple. Même s'il était plus jeune de treize ans, tout le monde avait confiance. Personne ne s'est douté de quoi que ce soit. » La date du mariage est fixée au 1er novembre. « J'ai alors multiplié les allers-retours entre les deux pays et j'ai effectué les démarches pour l'organisation d'un mariage, via le consulat de France. C'est une chose à laquelle il tenait beaucoup. » Leur union célébrée, les époux doivent encore se séparer. « La procédure de regroupement familial a duré neuf mois. J'étais tellement amoureuse que j'ai fait intervenir le sénateur, Philippe Marini, pour faire diminuer cette attente. Si j'avais su... » Son mari arrive en France le 4 avril 2003 et le couple décide d'acheter une maison, à côté de Compiègne. « Son comportement avait un peu changé : il refusait de me dire combien il gagnait. Cependant, il se servait toujours de son charme pour m'amadouer. » Son mari se révèle très différent en avril 2004, quand il reçoit sa carte de résident. « Il m'a laissée tomber. Il m'injuriait, il cherchait à me faire mal avec des paroles blessantes sur le fait que je ne pouvais plus avoir d'enfants. » En son absence, elle découvre une lettre en arabe. « Je l'ai fait traduire par une amie. Ça a été un choc. » Dans cette missive adressée au président tunisien, son mari demande l'amnistie. « Il avait été condamné pour vol et recel. Avec sa nouvelle situation - marié depuis deux ans, propriétaire d'une maison et situation économique florissante - il demandait une amnistie présidentielle. En se mariant avec moi, il avait échappé à sa condamnation et à une peine de prison. Installé en France, il était désormais intouchable. J'ai compris qu'il m'avait utilisée pour avoir des papiers et pour sauver sa peau. Il a abusé des sentiments que j'avais pour lui. Ce jour-là, j'ai décidé de faire annuler le mariage. » Une longue démarche judiciaire débute alors pour Muriel Petitalot, victime d'un mariage gris. AGNÈS BRIANÇON Lundi 11 Janvier 2010

Faire annuler une union : une procédure longue et fastidieuse

Pour faire annuler son mariage, Muriel Petitalot ne peut s'appuyer que sur trois critères : « Il faut que le mariage ne soit pas consommé, qu'il ait duré moins de six mois ou qu'il y ait eu tromperie d'un des deux conjoints. En l'état des choses, je pouvais me servir uniquement du dernier critère. Je me suis démenée pour prouver qu'il m'avait caché sa condamnation. » Elle contacte un avocat tunisien pour en savoir plus sur l'affaire, mais cela ne débouche sur rien. « En première instance, j'ai été déboutée car je n'avais pas assez de preuve de la tromperie. J'ai choisi de faire appel », affirme Muriel Petitalot. Elle se tourne alors vers l'Association nationale des victimes de l'insécurité (ANVI France). « Cette structure défend toutes les victimes et, avec moi, elle a fait un travail remarquable. J'ai également contacté un avocat spécialisé dans l'annulation des mariages, Me Cyrille Dutheil de la Rochère, du barreau de Versailles. Notre premier rendez-vous a duré près de quatre heures et j'ai bénéficié d'une réelle écoute de sa part. Il a été très efficace. » Là aussi, la preuve de la tromperie passe par la Tunisie. « On a réussi à récupérer une traduction officielle de la condamnation de mon mari. En appel, devant le tribunal, il n'a rien pu dire. » En février 2009, Muriel Petitalot reçoit enfin le coup de fil tant attendu : « On avait gagné. Le mariage a été annulé et il a été condamné à me payer un préjudice moral. » Aujourd'hui, Muriel vit seule dans la maison achetée à l'époque de son mariage. « J'ai pris du recul sur cette histoire et je suis prête désormais à passer à autre chose. Dans cette mésaventure, j'ai juste rencontré une brebis galeuse, parmi les hommes, mais je n'en fais pas une généralité. De la même façon, je ne suis pas devenue raciste à la suite de ce mariage gris. » À travers son témoignage, la Compiégnoise souhaite mettre en garde. « Il faut que les gens en parlent pour que le mariage gris soit reconnu et défendu devant les tribunaux. »

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